Rechercher

Laurence Fischer5 infos pour briller en karatégi

Laurence Fischer 5 infos pour briller en karatégi
Elle a marqué les tatamis et œuvre aujourd’hui au sein du ministère des Affaires étrangères pour faire du sport un outil d'influence, de développement et de reconstruction. Une sportive combinant grand cœur et mental de guerrière, ça valait bien un retour en 5 infos sur la carrière d’une des plus grandes karatékas du monde.

Publié le 09 novembre 2021 à 9h00, mis à jour le 21 septembre 2025 à 16h34

1. Débuter entourée d’hommes

Elle a 12 ans lorsqu’elle ancre ses pieds sur un tatamis. Son père, amoureux de karaté, l’encourage.  « J’étais timide et introvertie. Il m’a dit : tente à nouveau ce sport, ce sera bon pour toi », racontera-t-elle.

Il aura raison. À 16 ans, elle intègre l’équipe de France et devient championne de France junior. Son père, dès lors, ne cessera de l’accompagner sur toutes ses compétitions.

Très vite, Laurence Fischer se fait un nom, entraînée par des pros qui croient en elle, tout autant que son père, notamment les champions Laurent Saïdane et Claude Pétinella. « M’entraîner avec des hommes, dira-t-elle, ce fut extraordinaire pour progresser. »

En 1996, elle intègre le circuit professionnel et gagne son premier championnat de France senior. Sa carrière est lancée. En 1998, elle décroche son premier titre mondial

1998, Laurence Fischer décroche son premier titre mondial

2. Mixer performances sportives et hautes études

En 2003, elle a 30 ans et décide de retourner sur les bancs de l’école. Après avoir remporté deux titres mondiaux et quatre titres européens en individuel, elle est l’une des karatékas les plus douées de sa génération. Une carrière qui, pourtant, ne paye pas, au sens littéral du terme.

Laurence Fischer a besoin d’apprendre un métier et entre alors en école de commerce, à l’ESSEC (École Supérieures des Sciences Économiques et Commerciales), dont elle sort diplômée Grande École « master of science in management » ainsi que de la chaire internationale de marketing sportif.

« C’est un vrai sujet pour les athlètes : le double projet, explique-t-elle. Nous avons des capacités en tant que sportifs car nous sommes travailleurs et savons nous fixer des objectifs. Il faut faire confiance aux sportifs. Leur donner les moyens de réaliser ce double projet. »

©Peace and Sport

3. Combattre et exceller avant de raccrocher

Laurence Fischer met un terme à sa carrière internationale de la meilleure des façons. Si, depuis onze ans, elle fait partie des meilleures karatékas, s’imposant en France, en Europe et dans le reste du monde, elle commence à penser à l’après.

2006 sera son ultime année de championne avant de quitter les dojos. Elle remporte toutes les compétitions majeures de la saison : Open de Paris, championnats de France, championnats d’Europe et championnats du monde. Abonnée à l’or, Laurence Fischer laisse derrière elle une carrière flamboyante.

2006, l’ultime combat victorieux de Laurence Fischer

4. S’engager contre les violences faites aux femmes

Déterminée et engagée, Laurence Fischer participe, dès 2003, à ses premières missions humanitaires aux côtés de Play International, une ONG qui s’investit pour faire du sport un levier d’éducation et de changement social.

Onze ans plus tard, elle collabore avec la fondation Panzi, au Congo, pour permettre aux femmes victimes de viols de guerre de pratiquer le karaté comme outil de résilience.

En 2014, retraitée depuis sept ans, elle fonde, l’association « Fight For Dignity » qui a pour objectif d’accompagner toutes les femmes vulnérables par la pratique du karaté.

Elle met en place un programme sportif et social adapté aux femmes victimes de violences : « À Saint-Denis, je voyais des femmes éteintes, anxieuses, à leur arrivée, explique-t-elle à Ouest-France. Je les ai vues se transformer. Je me souviens des progrès d’une dame, victime de violences conjugales pendant douze ans. Elle est devenue plus équilibrée, a réussi à divorcer, à reprendre son boulot… C’est gigantesque. »

Laurence Fischer est également une des ambassadrices de l’ONG « Peace and Sport ».

5. Devenir ambassadrice officielle pour le sport

Depuis 2019, Laurence Fischer multiplie les combats en dehors des tatamis, elle a notamment été nommée ambassadrice du sport au ministère des Affaires étrangères.

Un poste officiel qui lui permet de faire rayonner le sport partout dans le monde, le sport comme outil diplomatique et de paix. « Lorsqu’on est athlète, dit-elle, on représente la France à l’étranger. On est diplomate. On porte les valeurs du sport et on est porté par elles. Le sport est un langage universel, un outil de « soft-power » et d’influence internationale. La France dispose d’un réseau diplomatique puissant. Mon rôle est de faire en sorte que le sport soit utilisé par ce réseau, via des référents sport dans chaque pays. Que le sport contribue à faire rayonner la France, partout dans le monde. »

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que la championne participe à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024. Son sport n’y sera pourtant pas représenté. Voilà donc qui est Laurence Fischer : sportive avant d’être karatéka…

©Crédit Agricole

Soutenez ÀBLOCK!

Aidez-nous à faire bouger les lignes !

ÀBLOCK! est un média indépendant qui, depuis plus d’1 an, met les femmes dans les starting-blocks. Pour pouvoir continuer à produire un journalisme de qualité, inédit et généreux, il a besoin de soutien financier.

Pour nous laisser le temps de grandir, votre aide est précieuse. Un don, même petit, c’est faire partie du game, comme on dit.

Soyons ÀBLOCK! ensemble ! 🙏

Abonnez-vous à la newsletter mensuelle

Top 5 des articles les plus lus

D’autres actus en brèves…

Elisa De Santis : « Quand je joue au flag football, je deviens un chat sur le terrain. »

Quiz : Connaissez-vous bien le sport féminin ?

Aujourd’hui, le football se conjugue aussi bien au féminin qu’au masculin. Mais évidemment, avant ça, les footeuses sont loin d’avoir eu la vie facile. Certaines institutions ont tout de même soutenu ces filles qui voulaient juste faire ce qu’elles voulaient, ce qui a abouti à la création du premier championnat de France féminin de football FSFSF.

Lire plus »
Marathon Rose, les femmes en marche contre le cancer du sein

Marathon Rose, les femmes en marche contre le cancer du sein

« Le sport pour vaincre ! » Comme un cri du cœur, le slogan de l’association Casiopeea résume parfaitement le projet de son Marathon Rose qui prendra la route en octobre : marcher côte à côte pour lutter contre la maladie durant le mois de sensibilisation nationale, Octobre Rose. ÀBLOCK ! soutient cet essentiel top départ…

Lire plus »
Marie Tabarly : « Naviguer avec un équipage féminin ne me branche pas plus que ça mais on est obligées d’en passer par là »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une histoire féminine de marathon, une voileuse qui prend le large (Marie Tabarly sur notre photo), une championne en reconstruction au micro de notre podcast, un nouveau mag à découvrir ou une pionnière de la navigation, c’est le meilleur d’ÀBLOCK!

Lire plus »
Badass, le nouveau mag carrément ÀBLOCK!

Badass, le nouveau mag carrément ÀBLOCK!

Ce seize pages sympa à lire – en mode « posterzine » – va « droit au but » pour mettre toutes les sportives sur le podium. De quoi être dans les starting-blocks pour son premier numéro et sa collecte participative. Nous, on adhère !

Lire plus »
Anaïs quemener

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une ambassadrice ÀBLOCK! qui rejoint l’aventure de notre média (la championne de marathon Anaïs Quemener sur notre photo), une experte en histoire du vêtement sportif, un ex-rugbyman qui conjugue son sport au féminin ou encore l’histoire des femmes haltérophiles, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! Enjoy !

Lire plus »
Alice Finot : « Les jalousies, la prise de risque, ont été des moteurs de ma performance en athlétisme. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une navigatrice toujours sur le pont, une athlète qui se joue des obstacles (Alice Finot sur notre photo), un bodybuilder qui étudie la puissance du muscle ou encore la petite histoire de l’haltérophilie au féminin à l’heure des Mondiaux, découvrez le meilleur d’ÀBLOCK!

Lire plus »
Oriane Bertone, la femme araignée qui a trouvé sa voie

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Le ballon rond qui ne s’arrête pas de tourner, un retour sur les Mondiaux d’athlétisme, une lettre sur un avenir ÀBLOCK! pour le sport de haut niveau, une demoiselle araignée (Oriane Bertone sur notre photo), un show toulousain avec les meilleures triathlètes et une navigatrice on ne peut plus ÀBLOCK!, c’est le meilleur de la semaine.

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Manon Hostens

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une kayakiste qui vit au fil de l’eau (Manon Hostens sur notre photo), une Question qui tue spécial grand âge, une cycliste sur les routes de la gloire ou encore une judokate statufiée… c’est le meilleur d’ÀBLOCK! cette semaine !

Lire plus »
Clara Direz, la skieuse qui s'envole

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Cinq infos sur la nouvelle queen de la glisse, un Top des événements de l’année (avec la skieuse Clara Direz sur notre photo) une musher en pleine odyssée ou encore une puncheuse aux grands objectifs, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK! Bonne lecture !

Lire plus »
Marine Leleu

Best-of 2022 : nos plus belles rencontres

Converser avec des championnes ÀBLOCK! et des expert.e.s du sport sans langue de bois, what else ? Ici, elles – et ils- peuvent s’exprimer longuement, intimement. Et en 2022, toutes ces personnalités d’exception nous ont régalés. Retour sur ces rencontres inspirantes.

Lire plus »

Julie Cukierman : « J’aime transmettre le goût de l’effort, la volonté d’aller au bout de soi-même… »

Elle a le sport dans la peau. Une passion jubilatoire qu’elle transmet à merveille, elle qui rêve de prouver que nous sommes tous des sportifs dans l’âme. Préparateur sportif d’athlètes de haut niveau, Julie pratique un métier dans lequel les femmes sont peu nombreuses. Et elle s’y sent bien. Également coach (à ne pas confondre !), elle nous raconte son quotidien entre grands champions et sportifs amateurs.

Lire plus »
Jessy Trémoulière

Jessy Trémoulière : « Le rugby m’a fait grandir. »

Elle a à peine 30 ans, mais déjà une riche carrière derrière elle. L’Auvergnate Jessy Trémoulière, devenue une figure incontournable du paysage rugbystique international, vient d’être sacrée meilleure joueuse de la décennie, deux ans après avoir été élue meilleure joueuse du monde, rien que ça ! Rencontre avec une fille qui sait merveilleusement transformer l’essai.

Lire plus »
Hélène Clouet : « En tant que fille, on n’est pas moins légitime qu’un homme quand on veut faire de la course au large. »

Hélène Clouet : « En tant que fille, on n’est pas moins légitime qu’un homme quand on veut faire de la course au large. »

Elle a déjà eu mille vies. Océanographe, éducatrice sportive en voile légère et croisière avant de travailler sur un chantier d’IMOCA pour finalement se lancer dans le commerce de voiles. Hélène Clouet, 34 ans, n’a de cesse, à travers ses aventures, d’assouvir sa passion pour la navigation. Engagée au départ de la Mini Transat en 2021, la Caennaise, Rochelaise d’adoption, a monté une association, « Famabor », afin d’inciter d’autres filles à se lancer !

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter