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Il était une fois l’escrime… féminine

Il était une fois l’escrime… féminine/Ysaora Thibus
C’est une arme de guerre devenue sport. Masculine, elle a été rondement empoignée par des gladiatrices avant de l’être par des championnes aux JO. ÀBLOCK ! vous raconte l’histoire d’une discipline dans laquelle les femmes, elles aussi, sont de fines lames.

Par Clotilde Boudet

Publié le 03 août 2023 à 15h04, mis à jour le 21 septembre 2025 à 16h14

Les humains manient l’épée depuis des millénaires. D’ailleurs, le plus ancien témoignage d’une pratique de l’escrime remonte à 1190 avant Jésus-Christ ! Selon les spécialistes, l’escrime se popularise à la Belle Époque, devenant ainsi un véritable sport.

L’école française d’escrime a, quant à elle, été créée dès 1567 par Charles IX. Inspirée du style d’escrime italien, la pratique française s’est codifiée au XVIIe siècle et est devenue la norme au XVIIIe, avec l’invention du fleuret comme arme d’entraînement.

La pratique des femmes ? Pas vraiment une norme à cette époque… mais une réalité quand même. L’histoire n’a pas toujours, comme on pourrait le croire, empêché les femmes de prendre les armes. Par exemple, à l’inverse des Amazones de la mythologie grecque, les gladiatrices ne sont pas un mythe ! Sous le règne d’Auguste, elles combattaient régulièrement dans les cirques.

Sans surprise, quelques décennies plus tard, la gladiature féminine fut interdite par un homme, l’empereur Septime Sévère. Rien qui ne suffise à détourner les femmes de leur lame, évidemment. Bien que la science des armes soit (encore aujourd’hui) l’apanage des hommes, elles sont nombreuses, au cours de l’histoire, à s’être démarquées à coups d’épée.

Marie de Pouzzole au XIVe siècle, Julie d’Aubigny dite Mademoiselle de Maupin au XVIIe siècle… Hé oui, les duels se sont aussi pratiqués en jupons ! Jupons que l’on retrouve d’ailleurs portées par une escrimeuse sur l’un des posters édités à l’occasion des Jeux olympiques de Paris de 1900. Étonnant, puisqu’il faut attendre ceux de 1924 pour assister aux premières épreuves féminines de fleuret.

Julie d’Aubigny dite Mademoiselle de Maupin …©Wikipedia Commons

Ces épreuves féminines ont lieu au stade Yves du Manoir à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, et c’est là que l’escrimeuse danoise Ellen Osiier a été sacrée première championne olympique d’escrime au fleuret. Les épreuves d’épées féminines apparaissent en 1996 et celles de sabre en 2004… seulement !

On se souvient de Laura Flessel, première médaillée olympique d’épée féminine en 1996. Cette athlète a marché dans les traces d’une autre pionnière de l’escrime, Brigitte Benon. Huit ans plus tôt, à Orléans, elle est devenue la première championne du monde d’épée de l’histoire.

Ellen Osiier (2e en partant de la gauche)… ©Wikipedia Commons

Dire que l’escrime fut retirée de l’éducation féminine au début du XIXe siècle pour des questions « morales » ! Heureusement, la pratique est alors très populaire et une certaine Teresa Castellanos de Mesa va prouver qu’une femme peut tout à fait être une fine lame.

Les prouesses de cette escrimeuse espagnole vont aller jusqu’à impressionner le roi Louis Philippe Ier, rien que ça ! Elle ouvrira sa propre école d’escrime à Paris, en 1840, inspirant ainsi de nombreuses jeunes filles.

Teresa Castellanos de Mesa (à droite).

Cent quatre-vingt-deux ans plus tard, en 2022, on continue de promouvoir l’escrime féminine. Dans le cadre du plan de féminisation du sport lancé par le gouvernement, la Fédération Française d’Escrime (FFE) a créé la campagne « Mesdames, en garde ! », avec la diffusion de portraits de femmes influentes.

L’arbitre internationale Ella Kiavue, la maître d’arme Alice Chatton ou encore la championne olympique Charlotte Lembach, toutes ont le même objectif : que les hommes et les femmes soient enfin à armes égales.

Ouverture Ysaora Thibus ©FFEscrime

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