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« I’m sorry » Ou le sarcastique cri des sportives

i'm sorry majolie mccann
C’est l’histoire d’un clip engagé, créé par un couple de jeunes cinéastes au fin fond du Québec et qui devient viral. L’histoire d’une vidéo tournée à la demande d’un coach de soccer qui milite pour l’égalité des sexes dans le sport. C’est l’histoire d’une vidéo qui claque.

Par Valérie Domain

Publié le 24 février 2021 à 10h07, mis à jour le 21 septembre 2025 à 16h40

C’est un homme, un entraîneur de foot et de soccer. Il s’appelle Mohamed Amine Mesri, il vit au Québec, du côté de Gatineau. Mais ce n’est pas l’important.

Lui, ce qui le motive, au-delà des frontières, c’est l’égalité femme-homme dans le sport. Il y a trois ans, il s’est donné pour mission de promouvoir l’égalité des sexes dans la sphère sportive. Dont acte : il vient de poster une vidéo de sensibilisation sur les réseaux sociaux.

Une vidéo (en anglais) dénonçant les critiques qu’entendent encore trop souvent les athlètes féminines. Celles qu’il entraîne dans ses équipes de soccer et de foot. Et toutes les autres. De par le monde. La vidéo « I’m sorry » est devenue virale. « Femmes ou hommes, il n’y a pas de différence, ce sont juste des athlètes et c’est comme ça qu’on devrait le voir », martèle-t-il.

« En ce moment, on trouve qu’il y a un manque de respect envers les femmes. Il y a des préjugés, certaines filles n’ont même plus le goût de jouer après un certain âge parce qu’elles se font critiquer », confie sur Radio Canada Toni Derviskadic, le responsable de la branche soccer de CoachM, la boîte de Mesri.

La vidéo a un petit côté Nike, dans la même mouvance que celles produites par l’équipementier. Sauf que… « La plupart des vidéos de Nike sont en lien avec l’égalité salariale des athlètes professionnels, nous c’est plus par rapport au fait que les filles sont dénigrées dans le sport en général », précise Toni Derviskadic.

Les créateurs de la vidéo, deux passionnés de ciné, Majolie McCann et Félix Côté, ont joué sur le sarcasme davantage que sur l’émotion.

Et c’est gagné : « On voulait un peu d’arrogance. Ce n’est pas  »Je m’excuse d’être moi », mais “Je suis désolée que tu penses ça de moi“. On voulait faire une vidéo qui ne suscite pas la pitié envers les femmes. On était content de faire quelque chose qui mette la barre au même niveau que ce qui est fait pour les gars d’habitude », expliquent-ils à Radio-Canada.

Le message a porté. Et a dépassé la ville de Gatineau, quatrième ville du Québec, mais plus tranquille encore que la rivière des Outaouais qui l’accueille sur sa rive.

En une semaine, près de 30 000 vus sur Facebook et Instagram : « Je ne m’attendais pas à ça, confie Majolie McCann à Radio-Canada. On faisait la vidéo plus pour nous, pour notre cercle d’amis, mais de voir à quel point ça touche les gens, on a réalisé que c’est un message qui devait être dit. »

Comme quoi, une goutte d’eau…

DR/FB Majolie McCann

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