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La chistera ? Cékoiça ?

La Chistera rugby
Les amateurs de ballon ovale le connaissent mais, pour les autres, impossible de poser une image sur ce terme. Alors que la Coupe du Monde féminine de rugby à XV se joue en Nouvelle-Zélande, séance de rattrapage pour impressionner son monde. Les sportifs et sportives, les coachs, ont leur langage, selon les disciplines qui, elles aussi, sont régies par des codes. Place à notre petit lexique pratique, le dico "Coach Vocab".

Par Alexandre Hozé

Publié le 25 octobre 2022 à 19h20, mis à jour le 21 septembre 2025 à 16h18

Une chistera 

Nom féminin 

Expression du rugby : Passe dans le dos  

Qui a dit que le rugby était un sport sans subtilité ? Certes, il vaut mieux ne pas être en sucre lorsqu’on a un ballon ovale entre les mains. Mais, comme dans d’autres disciplines nécessitant une balle, les gestes techniques ne manquent pas. 

L’un des plus spectaculaires est sans aucun doute la chistera. Simple à comprendre mais extrêmement difficile à réaliser, ce geste est réservé aux professionnels. Pour le bien de votre déco, n’essayez pas de le reproduire chez vous ! 

La chistera consiste en effet à réaliser une passe dans le dos, donc à l’aveugle. Spectacle garanti, mais en ce qui concerne l’efficacité, c’est plus aléatoire. Pour fonctionner, la chistera nécessite une combinaison chirurgicale de la part des attaquants. Le passeur doit faire preuve, même à l’aveugle, d’une bonne dose de précision et le réceptionneur d’un timing irréprochable. 

En revanche, si l’enchaînement est maîtrisé, attention au casse-tête pour les défenseurs ! Bénéficiant d’un effet de surprise quasi-systématique, la chistera va prendre à contre-pied la défense et, par la même occasion, créer de gros décalages pouvant mener jusqu’à l’essai.

Et même si l’équipe adverse réagit bien et bloque la combinaison, le public sera on ne peut plus satisfait par le spectacle proposé. 

Les connaisseurs le savent, une chistera provient généralement de deux types de joueurs. Si les arrières sont à l’aise balle en main, ce sont surtout les demis de mêlée (numéro 9) et les demis d’ouverture (numéro 10) qui surprennent avec ce geste technique. 

La raison est simple : ces deux postes sont en quelque sorte l’équivalent du meneur de jeu au basket, du demi-centre au handball ou du numéro 10 au football. Ce sont eux qui dictent le tempo et lancent les actions et les combinaisons pour dépasser la défense.

Jeu aux pieds, feintes, chistera… Tout est bon pour atteindre l’en-but adverse ! Si en plus de ça, le spectacle s’ajoute à l’équation, que demander de plus ? 

Origine 

Mais d’où vient le mot chistera ? Ne vous aventurez pas à pronostiquer de la langue espagnole, vous devrez en répondre aux Basques ! Tous les amateurs de pelote basque connaissent la chistera car ce mot désigne, en plus de la passe spectaculaire du rugby, les gants utilisés pour réceptionner la pelote. 

Le point commun transdisciplinaire de ce terme réside dans le mouvement de balancier que doit adopter le bras projetant la balle au rugby ou la relançant à l’aide d’une chistera pour la pelote basque. 

Une chistera…pour les fans de pelote basque. ©Wikipédia

Deux spécialistes françaises de la chistera

Limitons-nous au ballon ovale. Les chisteras ne risquent pas de manquer en cette période de Coupe du Monde féminine de rugby à XV. Laure Sansus, demi de mêlée de l’équipe de France (également meilleure joueuse du dernier Tournoi des VI Nations) et Caroline Drouin, demi d’ouverture des Bleues, risquent fort de régaler le public néo-zélandais. 

Caroline Drouin

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